lundi, 05 juin 2006

L'argent du lundi de Pentecôte travaillé ne va pas qu'aux personnes âgées

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"Il y a ceux qui travaillent, ceux qui ne travaillent pas, ceux qui approuvent, ceux qui n'approuvent pas… Mais, au delà du bordel ambiant, le lundi de Pentecôte permet-il vraiment de faire entrer autant d'argent qu'annoncé dans les caisses pour financer une meilleure prise en charge des personnes dépendantes, comme l'avait voulu Jean-Pierre Raffarin, après la canicule de 2003 ? A en croire les professionnels, la réponse est plus que mitigée et les responsables des maisons de retraite, par exemple, estiment que les retombées de cette journée de solidarité sont largement « insuffisantes ». Le gouvernement parle évidemment de « bénéfices incalculables », mais Pascal Champvert, président de l'Association des directeurs d'établissement d'hébergement des personnes âgées (Adehpa), déplore, lui, que les 2 milliards d'euros récoltés grâce au lundi de Pentecôte travaillé « ne vont pas intégralement » à la création de personnels pour aider les personnes âgées.

Interrogé lundi sur RMC Info, Pascal Champvert a estimé « qu'il y a eu des vices de fabrication dans cette mesure », faisant valoir qu'« elle a servi à financer des décisions qui avaient été prises antérieurement », comme le plan pour les personnes handicapées jeunes ou le financement de l'Aide personnalisée à l'autonomie (APA)..."

 

   Libération

vendredi, 02 juin 2006

Lundi de Pentecôte - 5 juin 2006

La CFDT maintient le cap

Le lundi de pentecôte doit être non travaillé

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Comme l’an passé, la CFDT s’oppose à la suppression du lundi de Pentecôte de la liste des jours fériés. Ce mode de financement de la dépendance est injuste parce qu’il repose essentiellement sur la contribution des salariés. De plus ce choix était motivé par une posture idéologique de remise en cause de la réduction du temps de travail.

La CFDT défend un financement solidaire de la dépendance sur l’ensemble des revenus.

Pour le 5 juin 2006, la CFDT maintient sa position : tout faire dans les entreprises pour que cette journée ne soit pas travaillée sans que cela coûte aux salariés.

Faute de revoir la loi pour instaurer un financement plus juste, les inégalités perdureront entre ceux qui ont cette journée prise en charge par leur employeur, ceux dont les organisations syndicales ont pu négocier la mise en œuvre et ceux qui n’auront que le choix de travailler ce jour.

L’objectif de la CFDT reste bien la mise à plat complète des conditions de financement de la dépendance.n

Déclaration de Rémi Jouan, secrétaire national © CFDT (communiqué de presse mis en ligne le 1er juin 2006)

Même la présidente du Medef, Laurence Parisot, dénonçait vendredi «l'incohérence économique» du gouvernement à propos de la journée de solidarité. ... elle s'est étonnée qu'on puisse «dire à la fois aux entreprises françaises "travaillez le lundi de Pentecôte" et décider par décret ministériel d'interdire les transports ce jour-là. [...]Cela veut dire que les entreprises doivent travailler, mais ne pourront pas livrer.» Pour Laurence Parisot, l'Etat donne en outre le mauvais exemple puisque «les Postes seront fermées et l'Education nationale n'accueillera pas les élèves.»

 


vendredi, 19 mai 2006

Historique de la journée dite de "solidarité"

Le 03 novembre 2003, après la canicule meurtrière de l’été 2003,  le premier ministre décide que les salariés devront désormais travailler le lundi de pentecôte pour financer les aides aux personnes dépendantes et aux personnes handicapées. Compte tenu des délais de mise en œuvre cette loi est annoncée pour le premier juillet 2004.

Nous agissons pour formaliser une déclaration commune des organisations syndicales, elle s’est concrétisée le 20 novembre 2003.
 

Dans le même temps nous avons tenté de lancer une initiative commune pour réagir sur cette journée. Sans réponse, nous avons alors lancé notre propre pétition sur le sujet,
 

Le 27 novembre. Une expression de François CHEREQUE, « Pentecôte, l’injuste suppression », est diffusée dans le journal Libération du 11 décembre 2003. Il y dénonce le principe et la méthode.

Le 16 décembre 2003, une déclaration commune des organisations syndicales sur le sujet est diffusée,


Le 17 décembre une réaction commune des organisations syndicales et de la mutualité française. La même chose a été faite par les conseils d’administration de la CNAM, de la CNAV, de la MSA, de l’ACOSS.

Puis le débat parlementaire s’est déroulé, malgré autres interventions, articles, le retour de nos 50 000 pétitions nationales, le 30 juin «la loi  relative à la solidarité pour l’autonomie des personnes âgées et des personnes handicapées», est votée.


 Le début d’année 2005, est marquée par les nombreuses manifestations sur les 35 heures (l’exemple de la suppression du lundi de pentecôte est à chaque fois évoqué) les 5 février, 10 mars, 4 avril.

Déclaration du BN le 22 février 2005 ;


 Le 12 Avril 2005, La CFDT appelle ses militants, ses adhérents, à faire du lundi de la pentecôte, une journée d’initiatives et d’actions pouvant aller jusqu’à la grève.
A l’approche du 16 mai, la réalité de cette loi se concrétise pour les salariés, les déclarations se durcissent et les positions se cristallisent de nouveau.

Le 16 mai 2005, connaît un tel succès, que le premier ministre décide de mettre en place une commission parlementaire destinée à faire le bilan de cette journée.


 Le 19 juillet 2005, présentation du rapport LEONETTI. Il reconnaît la nécessité de rechercher un effort mieux réparti sur l’ensemble des citoyens sans en tirer les conclusions nécessaires. La loi ne sera pas changée, seules les modalités d’applications seront assouplies.


 Le 22 novembre 2005, la DRT édite une circulaire permettant le fractionnement de ces 7 heures de travail supplémentaires.



Lundi de Pentecôte 2006

Dès 2003, la CFDT s’est opposée à ce mode de financement de la dépendance, choisi par le gouvernement pour deux raisons principales :
  • c’est un mode de financement injuste qui repose principalement sur la contribution des seuls salariés,
  • ce choix était motivé par une posture idéologique de remise en cause de la RTT, par la loi et au mépris des réalités des professions.
La CFDT défend un financement solidaire de la dépendance sur l’ensemble des revenus. Dans l’attente d’une telle évolution, l’enjeu est de diminuer au maximum, le coût de cette journée pour les salariés, du privé et du public, en faisant prendre en charge l’intégralité de cette journée de solidarité par l’employeur ou tout au moins la plus grande partie possible.
Pour le 5 juin 2006, la CFDT maintient la position qu’elle a adoptée l’an passé : tout faire dans les entreprises pour que cette journée ne soit pas travaillée sans que cela coûte aux salariés.
Faute de revoir la loi pour instituer un financement plus juste, les inégalités perdureront entre ceux qui ont cette journée prise en charge par leur employeur, ceux qui ont des organisations syndicales qui ont pu négocier des assouplissements dans la mise en œuvre, et ceux qui n’auront que la seule possibilité de travailler ce jour (faute d’accord). Aussi notre objectif reste bien une remise à plat complète des conditions de financement de la dépendance.


Voir toutes les infos juridiques sur ce lundi de Pentecôte:informations_de_nature_juridique.2.doc